Protéger les travailleurs grâce à la prévention

Prévention

Au Canada, les provinces ont réalisé des progrès importants visant à réduire le nombre de blessures en milieu de travail. Cependant, le nombre global de décès liés au travail demeure trop élevé parce que les décès imputables aux maladies professionnelles n’ont cessé d’augmenter au cours des trois dernières décennies. En dépit de cette augmentation, la reconnaissance et la prévention des maladies professionnelles continuent à présenter des défis importants et exigent la mise sur pied d’approches différentes (et parfois uniques) de la part de ceux qui ciblent les blessures, bien qu’à la base, l’élimination ou la réduction des expositions dangereuses et le contrôle des risques soient fondamentaux. Les maladies professionnelles ne sont pas fréquemment reconnues comme étant liées à des expositions en milieu de travail, car, pour de nombreuses maladies, l’exposition qui a contribué à leur développement s’est produite il y a de nombreuses années. En outre, les maladies professionnelles découlent souvent d’expositions répétées à des agents nocifs invisibles plutôt que d’un événement unique. Il est essentiel d’élaborer des stratégies de prévention pour des maladies et expositions particulières afin de réduire le nombre de décès de travailleurs au Canada.

Besoin/données

Selon les données à l’échelle nationale de l’Association des commissions des accidents du travail du Canada, il y a eu 592 décès imputables aux maladies professionnelles au Canada en comparaison des 312 décès dus à un traumatisme en 2016; le taux est en progression dans la plupart des provinces. De plus, ces chiffres ne prennent pas en compte les décès en milieu de travail qui ne sont pas couverts par une commission des accidents du travail, les maladies qui ne sont pas reconnues comme étant des maladies professionnelles, ni celles qui n’ont simplement pas été signalées. Et bien sûr, il y a également des milliers d’autres maladies plus débilitantes, mais non mortelles et qui ont une incidence sur la santé, y compris la surdité professionnelle, la dermatite et l’asthme. Il faut de la prévention et c’est possible! Il s’agit de reconnaître la possibilité d’un préjudice et de faire quelque chose pour y remédier.

Le lien entre l’exposition et la maladie est souvent flou sur les plans médical, scientifique et pratique, en partie en raison de « l’invisibilité » littérale et figurative d’une substance dangereuse et de son effet retardé. Il faut des données plus claires pour mieux déterminer les types d’incidence des maladies dans le cadre des professions et en milieu de travail. L’ajout d’informations sur les professions aux données médicales est considéré comme un élément clé, mais est difficile à mettre en œuvre. Entre temps, il faut déterminer les risques connus pour la santé et les gérer afin de réduire au minimum l’exposition et le préjudice. C’est la raison d’être du Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT). Il est essentiel de prendre cela au sérieux, de lire les étiquettes et les fiches signalétiques, de réfléchir à l’utilisation des produits en milieu de travail et de gérer l’exposition afin de réduire au minimum la possibilité de préjudice.

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Notions élémentaires sur la prévention

La santé publique détermine trois niveaux de prévention qui ont des parallèles professionnels : La prévention primaire (1) met l’accent sur la prévention des maladies ou des blessures à la source, avant même qu’elles ne se produisent; elle est de loin la plus efficace. La prévention secondaire (2) a pour but de sensibiliser les personnes à propos des symptômes et de l’importance de les détecter suffisamment tôt pour réduire l’incidence (et la propagation) d’une maladie ou d’une blessure au moyen de l’éducation, de la communication des dangers et des programmes de dépistage. La prévention tertiaire (3) vise à réduire le préjudice et l’incidence d’une maladie ou d’une blessure en facilitant le traitement, en assurant la sécurité du revenu, en organisant des mesures d’adaptation et en apportant un soutien pour le retour au travail, tout en améliorant la reconnaissance à l’échelle locale et sociétale (et le contrôle de l’exposition éventuelle) grâce aux documents sur l’indemnisation et les coûts connexes.

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La course vers la santé

L’élimination ou la réduction des expositions nocives nécessite une approche « RACE » : Reconnaître la présence et l’existence du danger; Apprécier la possibilité d’exposition du travailleur et le risque de préjudice; Contrôler toute exposition afin d’éliminer ou de réduire au minimum le risque; Évaluer les solutions afin d’être certain qu’elles sont efficaces et améliorent le contrôle du danger. RACE doit être un cycle d’amélioration continue utilisé sur les lieux de travail, grands ou petits, et qui contribuera à la santé, la sécurité, la productivité et à la durabilité.

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L’objectif est le contrôle

Voici les moyens les plus efficaces de contrôler l’exposition en milieu de travail par ordre décroissant (couramment appelés « hiérarchie des mesures de contrôle ») :

  • Élimination (y compris la substitution) : –élimination du danger en milieu de travail ou remplacement des matières dangereuses, des machines ou des procédés par d’autres, moins dangereux.
  • Mesures de contrôle d’ingénierie : –conception ou modification des usines, de l’équipement, des systèmes de ventilation et des procédés de façon à isoler la source d’exposition ou le travailleur ou à réduire l’exposition.
  • Mesures administratives : –modification de la façon dont le travail est exécuté, notamment l’ordonnancement, le calendrier, les politiques et autres règlements, ainsi que les pratiques de travail telles que les procédures opérationnelles, la tenue des locaux, l’entretien et l’accès à l’hygiène, ainsi que l’éducation, la formation et l’encadrement.
  • Équipement de protection individuel : équipement porté par les personnes afin de réduire l’exposition aux risques, comme le contact avec des produits chimiques ou l’exposition au bruit. Souvent inefficace et peu fiable, influencé par de nombreuses variables dont l’ajustement, l’âge, le rythme, la formation, le confort, etc.
  • Les milieux de travail devraient examiner régulièrement la possibilité de déplacer le contrôle des dangers vers le haut de la hiérarchie afin d’optimiser l’efficacité et de réduire au minimum l’exposition.

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Établir les priorités pour mobiliser

L’évaluation des risques est une approche systématique servant à la détermination des dangers et à la réduction des risques à l’exposition en milieu de travail en trois ou quatre étapes et peut être utilisée pour l’établissement des priorités :

  • – Cerner les dangers et les facteurs de risque qui peuvent causer des préjudices (détermination des dangers).
  • –Analyser et évaluer le risque associé à l’exposition réelle, probable, possible à chaque danger (analyse et évaluation des risques).
  • – Déterminer les moyens pour éliminer les dangers ou pour contrôler les risques dans les cas où le danger ne peut pas être éliminé (contrôle des risques).
  • –Évaluer la faisabilité de la mise en œuvre et de l’efficacité potentielle du contrôle.
  • –Mettre en œuvre le contrôle en fonction du besoin et de la possibilité.
  • –Évaluer l’efficacité.
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Accent mis sur l’exposition

L’hygiène du travail prévoit des méthodes pour déterminer et gérer l’exposition grâce à des techniques d’anticipation, d’identification, d’évaluation et de contrôle. L’objectif est de trouver des solutions pour éliminer ou atténuer le danger et faire un suivi pour éviter d’autres préjudices. Les limites d’exposition en milieu de travail sont un des facteurs du processus. De façon générale, une limite d’exposition en milieu de travail (LEMT) est la concentration maximale d’une substance toxique dans l’air à laquelle la plupart des travailleurs (mais pas tous) peuvent être exposés pendant une certaine période de temps sans subir d’effets nuisibles. Cependant, il n’y a pas de LEMT pour de nombreuses substances et les LEMT existantes sont souvent réduites en fonction de nouvelles informations; il est donc important d’atteindre l’exposition au niveau « ALARA » (le plus bas que l’on peut raisonnablement atteindre) lorsque c’est possible. La mesure des niveaux est idéale, mais elle est difficile à réaliser et pas toujours représentative. Par conséquent, d’autres méthodes de compréhension et de gestion des risques associés (p. ex. la gestion graduée des risques) peuvent être utiles.

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Respect et protection

Un élément clé de la réduction des expositions nocives est l’élaboration de lois et de règlements (et le respect de ceux-ci), qui sont considérés comme des normes minimales pour la gestion de la santé et de la sécurité au travail. Les ministres du Travail sont généralement chargés de la législation en matière de santé et sécurité au travail ainsi que de l’élaboration, de la mise à jour et de l’application des règlements. De nombreuses provinces ont fixé des LEMT (par ex. plus de 725 en Ontario) pour les substances biologiques et chimiques dangereuses et disposent d’une clause d’obligation générale plus large. Le fondement scientifique des LEMT continue d’évoluer et, par conséquent, on procède à des examens réguliers pour déterminer s’il faut les mettre à jour ou non. Il est essentiel que les intervenants du milieu de travail, en particulier les employeurs des petites et moyennes entreprises sans personnel professionnel, recherchent de l’information et du soutien pour les aider à protéger les travailleurs, notamment en respectant les lois et règlements actuels et futurs et en s’appuyant sur ces lois et règlements.

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S’informer avec le SIMDUT

Le Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) est le principal cadre pour fournir des renseignements sur la santé et la sécurité quant à l’utilisation, au traitement ou au stockage de produits dangereux sur les lieux de travail canadiens. Le SIMDUT a été harmonisé avec le système mondial de transmission des renseignements sur les dangers, connu sous le sigle SGH ou sous le nom Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques à des fins de cohérence et de compréhension. Cependant, les principaux piliers du cadre demeurent : la classification des dangers; les étiquettes comportant des symboles universellement reconnus et les phases de risque; les fiches de données de sécurité comportant le danger détaillé, l’information sur les interventions d’urgence et sur le fait d’y avoir recours ainsi que les formations obligatoires courantes. Pour vraiment protéger les travailleurs contre les expositions dangereuses, le SIMDUT doit être dynamisé dans un milieu de travail au moyen de l’engagement, du dialogue et de l’examen au niveau de chaque étage d’un laboratoire, du laboratoire tout entier, du comité de santé et au niveau de la gestion ou de l’organisation. Il s’agit du meilleur outil dont nous disposons — utilisons-le!

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Le rôle de l’indemnisation

L’indemnisation des accidentés du travail est un système d’assurance visant à assurer la sécurité du revenu des travailleurs, à limiter les coûts pour les employeurs et à protéger les ressources pour les soins de santé. Cependant, elle joue également un rôle important dans la prévention : littéralement, grâce aux programmes et aux initiatives qu’elle élabore pour éduquer, motiver et soutenir les employeurs ainsi que grâce au rôle secondaire de soutien qu’elle joue en ce qui concerne le rétablissement et la réintégration des travailleurs; en particulier, elle joue le rôle de prévention tertiaire des réclamations acceptées (et de leurs coûts) favorisant la reconnaissance des dangers et, en fin de compte, l’élimination ou le contrôle de l’exposition. On compte beaucoup sur les données portant sur les réclamations pour cerner les types de blessures et de maladies en vue d’une intervention stratégique, et pour mesurer l’amélioration et valider la réussite. Trouver des liens et des ressources se rapportant à l’indemnisation.

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Système de SST de l’Ontario

Ce site Web est le produit d’une allocation du programme de perspectives stratégiques du bureau de la prévention du ministère du Travail de l’Ontario dans le cadre de la priorité relative aux maladies professionnelles. En Ontario, trois entités interdépendantes sont responsables de la santé et de la sécurité au travail : le ministère du Travail, la CSPAAT et les six associations de santé et de sécurité (quatre sectorielles, un centre de formation pour travailleurs et un réseau de cliniques de santé au travail), ainsi que trois centres de recherche financés.

Au sein de chaque entité, plusieurs initiatives sont en cours pour prévenir les maladies professionnelles. Cependant, en janvier 2017, un plan d’action pour la lutte contre les maladies professionnelles, couvrant l’ensemble du système et comportant huit approches (Intelligence artificielle et aide à la décision; recherche et gestion des données; sensibilisation; services de conseil et de soutien; éducation et formation; application et surveillance, programmes; lois et règlements) a été lancé et continue d’être mis en œuvre de manière large et stratégique, avec un examen annuel.

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Partenaires (inter)nationaux

Bien que les maladies professionnelles soient de plus en plus prises en compte, leur prévention reste un défi mondial. Les partenaires nationaux comprennent le Centre canadien de santé et de sécurité au travail (CCHST), la ressource canadienne pour la promotion de la santé et de la sécurité au travail, ainsi que des organismes de réglementation et des associations de sécurité d’autres provinces.

À l’étranger, le plan d’action mondial pour la santé des travailleurs de l’Organisation mondiale de la Santé réclamait l’amélioration du diagnostic, de la notification et de l’enregistrement des maladies professionnelles et le renforcement des capacités d’estimation du fardeau des maladies professionnelles. Les activités de l’OMS concernant les maladies professionnelles et liées au travail comprennent : l’évaluation de la charge mondiale du fardeau dû aux principaux risques professionnels, tels que les blessures, expositions atmosphériques, agents cancérigènes, facteurs de stress ergonomiques, bruit et autres risques particuliers; et collaborer avec l’Organisation internationale du travail (OIT) pour définir des critères de diagnostic et d’exposition aux maladies professionnelles et permettre aux prestataires de soins de santé primaires et secondaires de détecter et de signaler ces maladies.

 

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Notions élémentaires sur la prévention
  • « StressAssess »
    Type: Outils / Apps
    Source: « Occupational Health Clinics for Ontario Workers (OHCOW) »
L’objectif est le contrôle
Établir les priorités pour mobiliser
Accent mis sur l’exposition
S’informer avec le SIMDUT
  • SIMDUT.org
    Type: Fiches d'information
    Source: Santé Canada
Le rôle de l’indemnisation
Partenaires (inter)nationaux